Monsieur Lecoq: L'enquete, by Émile Gaboriau

XXIII

Longue, étroite, basse de plafond, percée de quantité de petites portes numérotées, comme le corridor d’un hôtel garni, meublée d’un bout à l’autre d’un grossier banc de chêne noirci par l’usage, telle est la galerie des juges d’instruction.

Dans le jour, peuplée de ses hôtes habituels, prévenus, témoins et gardes de Paris, elle est d’une tristesse navrante.

Elle est sinistre, quand elle est déserte, la nuit venue, à peine éclairée par la lampe fumeuse de l’huissier de semaine attendant quelque juge attardé.

Si peu impressionnable que fut Lecoq, il eut le coeur serré en suivant cet interminable couloir, et il se hâta de gagner l’escalier pour échapper à l’écho de ses pas, lugubres dans ce silence.

A l’étage inférieur, une fenêtre était restée ouverte, il s’y pencha pour reconnaître l’état du temps au dehors.

La température s’était singulièrement adoucie. Plus de neige, les pavés étaient presque secs. C’est à peine si un léger brouillard, illuminé des lueurs rouges du gaz, se balançait comme un velum de pourpre au-dessus de Paris.

En bas, la rue était à l’apogée de son animation: les voitures circulaient plus rapides, les trottoirs devenaient trop étroits pour la foule bruyante qui, la journée finie, courait à ses plaisirs.

Ce spectacle arracha un soupir au jeune policier.

— Et c’est dans cette ville immense, murmura-t-il, au milieu de tout ce monde, que je prétends retrouver les traces d’un inconnu! . . . Est-ce possible? . . .

Mais cette défaillance ne dura pas.

— Oui, c’est possible, lui criait une voix au-dedans de lui-même; d’ailleurs, il le faut, c’est l’avenir! Ce qu’on veut, on le peut.

Dix secondes après, il était dans la rue, plus que jamais enflammé de courage et d’espoir.

L’homme, malheureusement, n’a pour servir des désirs sans limites, que des organes fort bornés. Le jeune policier n’eut pas fait vingt pas qu’il reconnut que ses forces physiques trahissaient sa volonté: ses jambes fléchissaient, la tête lui tournait. La nature reprenait ses droits: depuis deux jours et deux nuits, il n’avait pas reposé une minute, et il n’avait rien pris de la journée.

— Vais-je donc me trouver mal? pensa-t-il, réduit à s’asseoir sur un banc.

Et il se désolait, en récapitulant tout ce qu’il avait à faire dans la soirée.

Ne devait-il pas, pour ne parler que du plus pressé, s’informer des résultats de la chasse du père Absinthe,

rechercher si l’une des victimes avait été reconnue à la Morgue, vérifier dans les hôtels qui entourent la gare du Nord les assertions du prévenu, enfin se procurer l’adresse de la femme de Polyte Chupin pour lui remettre l’assignation? . . .

Sous le fouet de l’impérieuse nécessité, il réussit à triompher de sa faiblesse, et il se dressa en murmurant:

— Je vais toujours passer rue de Jérusalem et à la Morgue, après je verrai.

Mais à la Préfecture il ne trouva pas le père Absinthe, et personne ne put lui en donner des nouvelles. Le bonhomme ne s’était pas montré.

Personne, non plus, ne put lui indiquer, même vaguement, la demeure de la bru de la veuve Chupin.

En revanche, il rencontra bon nombre de ses collègues, qui se moquèrent de lui outrageusement.

— Ah! tu es un lapin! . . . lui disaient tous ceux qu’il abordait, il paraît que tu viens de faire une fameuse découverte! . . . on parle de toi pour la croix! . . .

L’influence de Gévrol se trahissait. L’ombrageux inspecteur, en effet, racontait à tout venant que ce pauvre Lecoq, fou d’ambition, s’obstinait à prendre pour un gros personnage déguisé un vulgaire repris de justice.

Bast! . . . ces quolibets ne touchaient guère le jeune policier. Rira bien qui rira le dernier, marmottait-il.

Si sa mine était inquiète pendant qu’il remontait le qui des Orfèvres, c’est qu’il ne s’expliquait pas l’absence prolongée du vieux Absinthe. Il se demandait encore si Gévrol, dans le délire de sa jalousie, ne serait pas bien capable d’essayer d’embrouiller sous main tous les fils de l’affaire.

A la Morgue, il n’eut pas meilleure aventure. Après qu’il eut sonné trois ou quatre fois, le gardien qui vint lui ouvrir lui déclara que les cadavres restaient toujours inconnus et qu’on n’avait pas revu le vieil agent envoyé le matin.

— Décidément, pensa le jeune policier, je débute mal . . . Allons dîner, cela rompra la chance, et j’ai bien gagné la bouteille de bon vin que je veux m’offrir.

Ce fut une heureuse inspiration. Ce que c’est que de nous! . . . Un potage et deux verres de vin de bordeaux versèrent dans son sang une audace et une énergie nouvelles. S’il sentait encore sa lassitude, elle était tolérable, quand il sortit du restaurant, un cigare aux lèvres.

C’est à ce moment qu’il regretta la voiture et le bon cheval du père Papillon! . . . Un fiacre passait, par fortune, il le prit, et huit heures sonnaient quand il mit pied à terre sur la place de la gare du chemin de fer du Nord. Il s’arrêta d’abord, puis les investigations commencèrent.

Bien entendu, il ne se présentait pas dans les maisons sous son titre d’agent de la sûreté. C’eût été le moyen de ne rien savoir.

Rien qu’en se coiffant en arrière et en haussant son faux-col, il s’était donné un certain air exotique, et c’est avec un accent anglais assez prononcé qu’il demandait des nouvelles d’un ouvrier étranger.

Mais vainement il employait toute son adresse à questionner, partout on lui répondait la même chose:

— Nous ne connaissons pas, nous n’avons pas vu! . . .

Le contraire eût étonné Lecoq, persuadé que le meurtrier n’avait imaginé cette histoire de malle déposée dans un hôtel, que pour donner à son récit un cachet plus net de vraisemblance.

S’il s’obstinait, s’il notait sur son calepin les hôtels visités, c’est qu’il voulait être bien sûr de la déconvenue du prévenu quand ou l’amènerait sur le terrain pour le convaincre de mensonge.

Rue de Saint-Quentin, c’est par l’hôtel de Mariembourg qu’il débuta.

La maison était d’apparence modeste, mais propre et bien tenue. Le jeune policier poussa le portillon à claire-voie muni d’une sonnette qui défendait l’accès du vestibule, et pénétra dans le bureau de l’hôtel, une jolie pièce éclairée par un bec de gaz à globe de verre dépoli.

Il y avait une femme dans ce bureau.

Elle était hissée sur une chaise, le visage à hauteur d’une cage couverte d’un grand morceau de lustrine noire, et elle répétait avec acharnement trois ou quatre mots allemands.

Elle s’appliquait si fort à cet exercice, que Lecoq fut obligé de tousser et de faire du bruit pour attirer son attention.

Enfin, elle se retourna.

— Aôh! . . . bien le bonsoir, madame, dit le jeune policier, Vous êtes en train, à ce que je vois, d’apprendre à parler à votre perroquet.

— Ce n’est pas un perroquet que j’ai là, monsieur, répondit la femme du haut de sa chaise, c’est un sansonnet. Je voudrais qu’il sût dire en allemand: «As-tu déjeuné.»

— Tiens! . . . les sansonnets parlent donc?

— Comme des personnes, oui, monsieur, dit la femme en sautant à terre.

Et en effet, l’oiseau, comme s’il eût compris qu’il était question de lui, se mit à crier très-distinctement:

— Camille! . . . Où est Camille? . . .

Mais Lecoq était bien trop tourmenté pour s’occuper de cet oiseau et du nom qu’il prononçait.

— Madame, commença-t-il, je désirerais parler à la propriétaire de l’hôtel. . . .

— C’est moi, monsieur.

— Oh! . . . très bien; alors voici: J’ai donné rendez-vous à Paris à un ouvrier de Leipzig, je suis surpris qu’il ne soit pas arrivé encore, et je viens savoir s’il ne serait pas descendu chez vous. Il se nomme Mai.

— Mai, répéta l’hôtelière qui eut l’air de chercher, Mai! . . .

— Il aurait dû arriver dimanche soir . . . C’est un pauvre diable! . . .

La physionomie de la femme s’éclaira.

— Attendez-donc! fit-elle. Votre ouvrier serait-il par hasard un homme d’un certain âge, de taille moyenne, très-brun, portant toute sa barbe, ayant des yeux très-brillants?

Lecoq tressaillit. C’était le signalement du meurtrier.

— Voilà bien, balbutia-t-il, le portrait de mon homme!

— Eh bien! . . . monsieur, il est descendu chez moi dans l’après-midi du dimanche gras. Il a demandé un cabinet très-bon marché, et je lui en ai montré un au cinquième. Le garçon étant absent en ce moment, il a voulu à toute force porter sa malle lui-même. Je lui ai offert de prendre quelque chose, il a refusé sous prétexte qu’il était très-pressé, et il est parti après m’avoir remis dix francs d’arrhes.

— Et où est-il? demanda vivement le jeune policier.

— Mon Dieu! . . . monsieur, répondit la femme, vous m’y faites penser! . . . Cet homme n’a pas reparu, et je ne suis pas sans inquiétudes. Paris est si dangereux pour les étrangers! Il est vrai que lui il parle le français comme vous et moi. N’importe! . . . j’ai dès hier soir donné l’ordre d’aller prévenir le commissaire de police.

— Hier! . . . le commissaire! . . .

— Oui . . . Seulement je ne sais pas si on a fait la commission . . . J’avais oublié! Permettez que je sonne le garçon pour lui demander . . .

Un seau d’eau glacée, tombant de dix mètres sur la tête du jeune policier, l’eût moins étourdi que la déclaration de la propriétaire de l’hôtel de Mariembourg.

Le meurtrier avait-il donc dit vrai? . . . Était-ce possible! . . . Gévrol et le directeur du Dépôt auraient raison alors! . . . En ce cas, M. Segmuller et lui, Lecoq, ne seraient que des insensés, des coureurs de chimères!

La trame ingénieuse des savantes déductions était rompue! . . . Le bel échafaudage de la prévention s’écroulait dans le ridicule de la plate réalité! . . .

Tout cela traversa comme un éclair le cerveau du jeune agent.

Mais il n’eut pas le temps de réfléchir.

Le garçon appelé parut, un bon gros garçon candide et joufflu.

— Fritz, lui demanda sa patronne, êtes-vous allé chez le commissaire?

— Oui, madame.

— Que vous a-t-il dit?

— Je ne l’ai pas trouvé, mais j’ai parlé à son secrétaire, M. Casimir, qui m’a dit de ne pas vous tourmenter, qu’il viendrait.

— Il n’est pas venu.

Le garçon leva les deux bras avec ce mouvement d’épaules qui est la plus éloquente traduction de cette réponse: «Que voulez-vous que j’y fasse! . . . »

— Vous voyez, monsieur . . . fit l’hôtelière, semblant croire que l’importun questionneur allait se retirer.

Telle n’était pas l’intention de Lecoq, et il ne bougea, encore qu’il eût besoin de tout son sang-froid pour garder, en dépit de l’émotion, son accent anglais.

— C’est bien désagréable, prononça-t-il, oh! . . . beaucoup! Me voilà moins avancé que tout à l’heure et plus indécis, puisque je crois bien que cet homme est celui que je cherche, et que cependant je n’en suis pas assuré du tout.

— Dame! . . . monsieur, que voulez-vous que je vous dise! . . .

Lecoq se recueillit, fronçant les sourcils et pinçant les lèvres, comme s’il eût poursuivi quelque inspiration pour le sortir d’incertitude.

La vérité est qu’il cherchait par quel détour adroit se faire proposer par cette femme le livre de police où les hôteliers sont tenus de consigner les prénoms, noms, profession et domicile de tous les gens qui viennent loger chez eux. Il tremblait d’éveiller ses soupçons.

— Comme cela, madame, insista-t-il, vous ne vous souvenez aucunement du nom que vous a donné cet homme? . . . Voyons, est-ce Mai? . . . Faites un effort, rappelez-vous . . . Mai, Mai!. . . .

— Ah! . . . j’ai tant de choses dans la tête. . . .

— On pourrait bien, murmura le jeune policier, qui sembla se disposer à sortir, on devrait bien inscrire le nom des voyageurs, comme en Angleterre.

— Mais on les inscrit, monsieur, riposta la femme se rebiffant, et au jour le jour, sur un registre exprès, imprimé, avec des colonnes pour chaque mention . . . Et au fait, j’y songe, je puis, pour vous obliger, vous montrer mon livre, il est là, dans le tiroir de mon secrétaire . . . Allons, bon! voici que je ne trouve plus ma clef. . . .

Pendant que cette hôtelière, d’aussi peu de cervelle, évidemment, que ses oiseaux parleurs, bouleversait tout dans le bureau de son hôtel, Lecoq l’observait en dessous.

C’était une femme de quarante ans environ, très-blonde, conservée comme les blondes qui se conservent, c’est-à-dire fraîche, blanche, dodue, ayant de la santé à plein corset, appétissante à la manière de ces beaux fruits murs dont l’eau savoureuse coule le long des lèvres quand on mort dedans.

Son regard était d’ailleurs droit et franc, elle avait la voix bien timbrée, ses façons étaient simples et parfaitement naturelles.

— Ah! s’écria-t-elle, triomphante, j’ai cette maudite clef.

Elle ouvrit aussitôt son secrétaire, en sortit le livre de police qu’elle posa sur la tablette, et commença à feuilleter.

Elle s’y prenait assez maladroitement, de telle sorte que le jeune policier avec ses yeux de lynx put constater que le registre était bien tenu.

Enfin, elle arriva au feuillet important.

— Dimanche, 20 février, dit-elle, regardez, monsieur, ici, à la septième ligne: MAI — sans prénomartiste forainvenant de Leipzigsans papiers. . . .

Pendant que Lecoq examinait cette mention d’un air absolument hébété, la femme eut encore un souvenir.

— Je m’explique, s’écria-t-elle, comment je n’avais dans la mémoire ni ce nom de Mai, ni cette drôle de profession: artiste forain. Ce n’est pas moi qui ai écrit cela . . .

— Qui donc est-ce? . . .

— L’individu lui-même, monsieur, pendant que je cherchais dix francs pour les lui rendre sur un louis qu’il venait de me remettre. Vous devez bien voir que l’écriture n’est plus du tout celle des autres inscriptions qui sont au-dessus et au-dessous. . . .

Oui, Lecoq voyait cela, et c’était un argument irréfutable, précis et terrible comme un coup de bâton.

—Êtes-vous bien sûre, au moins, insista-t-il vivement, que cette mention est de la main de l’homme? . . . Le jureriez-vous? . . .

Il était si fort troublé, qu’il oublia sa prononciation exotique. La femme s’en aperçut, car elle recula, enveloppant d’un regard soupçonneux ce faux étranger.

Puis, à la défiance, la colère d’avoir été prise pour dupe, parut succéder.

— Je sais ce que je dis! déclara-t-elle un peu plus que sèchement. Et ensuite, en voilà assez, n’est-ce pas?

Reconnaissant qu’il s’était trahi, et honteux de son peu de sang-froid, Lecoq renonça à son accent d’outre-Manche.

— Pardon, dit-il, une question encore. Avez-vous toujours la malle de cet individu?

— Naturellement.

— Ah! . . . vous me rendriez un immense service en me la montrant.

— Vous la montrer! s’écria la blonde hôtesse indignée. Ah ça, pour qui me prenez-vous? . . . Que voulez-vous, qui êtes-vous? . . .

— Dans une demi-heure vous le saurez, répondit le jeune policier qui comprit l’inutilité de toute espèce d’insistance.

Il sortit brusquement, courut jusqu’à la place de Roubaix, sauta dans une voiture, et donna l’adresse du commissaire du quartier, promettant cent sous, outre la course, au cocher, s’il menait bon train. A ce prix, les maigres rosses volèrent sous le fouet.

Lecoq eut encore du bonheur, le commissaire était chez lui. Lecoq déclina sa qualité, et fut aussitôt conduit devant le magistrat du quartier.

— Ah! . . . monsieur, s’écria-t-il, venez à mon secours.

Et tout d’une haleine, il se mit à conter juste ce qu’il fallait de l’histoire pour être tiré d’embarras.

Dès qu’il eut fini:

— C’est pourtant vrai! exclama le commissaire, on est venu me chercher pour cet homme disparu, Casimir me l’a dit ce matin . . .

— On est venu . . . vous . . . pré-ve-nir . . . balbutia Lecoq.

— Hier . . . oui . . . mais j’ai eu tant d’occupations! . . . Enfin, mon garçon, que puis-je pour vous être utile?

— Venir avec moi, monsieur, exiger qu’on nous représente la malle, requérir un serrurier pour l’ouvrir. Voici des pouvoirs, un mandat de perquisition que le juge d’instruction m’a remis en tout cas. Ne perdons pas une minute, j’ai une voiture à votre porte.

— Partons! dit simplement le commissaire.

Quand ils furent dans le fiacre qui repartit au galop:

— Maintenant, monsieur, demanda le jeune policier, permettez-moi de vous demander si vous connaissez la femme qui tient l’hôtel de Mariembourg? . . .

— Très-bien! . . . Lorsque j’ai été nommé à cet arrondissement, il y a six ans, je n’étais pas marié, et j’ai pris mes repas assez longtemps à la table d’hôte de cette dame . . . Casimir, mon secrétaire, y mange encore.

— Et quelle espèce de femme est-ce? . . .

— Mais, ma foi! . . . mon jeune camarade, Mme Milner — tel est son nom — est une très-respectable veuve, aimée et estimée dans le quartier, dont les affaires prospèrent, et qui reste veuve uniquement parce que cela lui plaît, car elle est fort agréable encore et excessivement à l’aise . . .

— Alors, vous ne la croiriez pas capable, moyennant une bonne somme, de . . . comment dirai-je? . . . de servir quelque prévenu très-riche . . .

— Devenez-vous fou! . . . interrompit le commissaire. Madame Milner consentir à un faux témoignage pour de l’argent! . . . Ne viens-je donc pas de vous dire qu’elle est honnête, et qu’elle a de la fortune? . . . D’ailleurs elle m’avait fait prévenir, dès hier, ainsi. . . .

Lecoq se tut, on arrivait.

En voyant apparaître derrière «son» commissaire le questionneur obstiné, Mme Millier parut tout comprendre.

— Jésus! . . . s’écria-t-elle, un agent! J’aurais dû m’en douter. Il y a un crime. Voilà mon hôtel perdu de réputation.

Il fallut du temps pour la rassurer et la consoler; tout le temps employé à chercher un serrurier aux environs.

Enfin, on monta à la chambre de l’homme disparu, et Lecoq se précipita sur la malle.

Ah! . . . il n’y avait pas à dire non, elle venait de Leipzig, les petits carrés de papier collés par les diverses administrations de chemins de fer le prouvaient.

On l’ouvrit: tout ce que l’homme avait annoncé s’y trouvait.

Lecoq était pétrifié. Il regarda, d’un air stupide, le commissaire serrer le tout dans une armoire dont il prit la clef, puis il sortit.

Il sortit, se tenant aux murs, la tête perdue, et on l’entendit trébucher comme un ivrogne dans les escaliers.

http://ebooks.adelaide.edu.au/g/gaboriau/emile/g11mof/chapter23.html

Last updated Saturday, March 1, 2014 at 20:38